La voiture autonome a encore de la route à faire

L’innovation avec la Google Car
Depuis une décennie déjà, la Google Car nourrit tous les fantasmes de voiture autonome. Le géant de l’internet développe en effet, à grand renfort de communication, une voiture capable de rouler sans chauffeur, y compris dans des situations de trafic délicates. Toute ronde, la Google Car a déjà parcouru des centaines de milliers de kilomètres depuis 2006, sur circuit, puis en situation réelle. Elle est autorisée avant même sa commercialisation dans certains Etats américains, dont la Californie et le Nevada. Avec Google, la voiture sans chauffeur est en train de devenir une réalité. Un expert en intelligence artificielle de la firme américaine déclarait il y a peu : « La technologie fonctionne, elle n’est pas si éloignées. Les voitures autonomes sauveront des milliers de vie ». Mi-juillet, pourtant, la nouvelle est tombée : premiers blessés à bord de la Google Car. En fait, trois employés de l’entreprise étaient à bord quand, lors d’un test en milieu urbain, la voiture qui ralentissait à un stop a été heurtée à l’arrière par un autre véhicule, blessant légèrement les occupants de la Google Car. En somme, le danger, c’est l’autre, un conducteur distrait, un autre qui se croit sur un circuit automobile, un troisième qui roule sous l’emprise de l’alcool… Malgré cet accident, et quelques autres, matériels ceux-ci, Google a déposé cet été les statuts de Google Auto LLC, une filiale dédiée, on l’aura compris à la construction automobile.
Apple est entré dans le jeu

Du côté de Cuppertino (siège d’Apple), on a longtemps cherché à cacher les recherches sur une future Apple Car, laissant faire la rumeur, les fuites et le buzz, ce qui peut aussi être une stratégie de communication. On sait ainsi qu’au fin fond de la Silicon Valley, un certain Steve Zadetsky, ingénieur et designer tout droit venu du groupe Fiat, dirige une équipe d’une centaine de personnes. Même si les informations succèdent désormais aux rumeurs, la marque à la pomme n’a toujours pas officialisé l’existence d’une « iCar » qui aurait des allures de BMW i3. Sous le nom de code Titan, Apple prépare bien sa propre version de la voiture connectée. Cela n’a d’ailleurs rien d’étonnant puisque la firme américaine s’est d’ores et déjà positionnée sur le secteur très convoité de la voiture connectée, en développant le système CarPlay qui permet aux conducteurs d’avoir accès aux contenus de leur iPhone. Il est d’ores et déjà disponible sur des modèles d’une douzaine constructeurs, dont BMW, PSA, Ford, Honda, Nissan, Audi, etc. Sans compter l’Apple Watch, qui se connecte à des voitures via des applis. Après Porsche, BMW, Volvo et Mercedes, Volkswagen a lancé une application qui se connecte via Car Net et permet de verrouiller/déverrouiller la voiture, surveiller le niveau d’essence, localiser son véhicule, entre autres.
D’abord connectée, ensuite autonome

A court terme, l’enjeu pour les géants de l’internet est là : se connecter à… la voiture connectée. Comme nous en avons déjà parlé (notre dossier du 31 mai 2015), elle est en plein développement et nombre de constructeurs en ont fait une priorité. BMW, par exemple, vient tout juste d’annoncer que la stratégie numérique sera au cœur de la politique de l’entreprise bavaroise jusqu’en 2020. D’ailleurs, BMW, Mercedes et Audi viennent de s’allier pour racheter le système de navigation de Nokia, baptisé Here. Les innovations succèdent aux innovations sur la planète auto. Demain, chaque conducteur, qu’il soit plutôt Android (avec Google Android Auto) ou plutôt Apple (avec CarPlay), pourra connecter sa voiture à son smartphone pour un tas de fonctionnalités. Et les Français, bien que plus discrets, ne sont pas en reste. La carte high-tech de PSA est une Citroën C4 Picasso qui peut déjà suivre seule sa trajectoire, adapter sa vitesse aux panneaux de signalisation et doubler sans intervention du conducteur. En ajoutant un stationnement entièrement automatisé, PSA entend doter une première 508 de cette autonomie sur voie rapide dès 2018 – à condition que la législation française qui impose que le conducteur soit toujours maître de son véhicule évolue dans ce sens.
Bref, connectivité et autonomie sont aujourd’hui les maîtres mots des départements Recherche & développement. Selon un sondage réalisé en octobre 2014 par le site hyperassur.com, la voiture autonome est l’avenir de l’automobile pour 51% des internautes sondés. Les arguments qui jouent en sa faveur sont moins de stress, une conduite plus autonome et des voitures plus sûres. 28% des sondés y opposent toutefois la perte du plaisir de conduire. Des cabinets spécialisés mènent actuellement enquêtes sur enquêtes au sujet de cette fameuse voiture autonome. Ainsi IHS Automotive prédit-il que dès 2035, 9% de la flotte automobile mondiale se passera de chauffeurs et que ce chiffre grimpera à presque 100% en 2050.
Quand des hackers prennent le contrôle

La voiture autonome vient toutefois de prendre un « coup dans le museau », donné par deux chercheurs et un journaliste désireux de prouver qu’avec les voitures connectées telles qu’on les connait actuellement, il est possible de prendre à distance le contrôle d’un véhicule. Plus précisément, Charlie Miller et Chris Valasek visaient le système Uconnect du groupe Fiat-Chrysler. Leur cible ? Une Jeep Cherokee, version 2014-2015 qui roulait sur autoroute, dans l’Etat du Missouri et à une vitesse de 100 km/h. A une distance d’environ 15 kilomètres du véhicule, les « hackers » ont commencé par faire tourner les ventilateurs plus rapidement dans l’habitacle, avant de monter le son de la radio, de déclencher les essuie-glaces et autres plaisanteries du genre. Plus inquiétant, ils ont également réussi à couper le moteur de la Jeep. Rassurez-vous pour le conducteur, il n’a pas eu la frayeur de sa vie puisqu’il s’agissait d’un journaliste du magazine américain Wired. Il n’empêche, le trio a réussi son coup : prouver qu’une voiture connectée à internet peut être piratée (voir la vidéo). La réaction du groupe Fiat Chrysler ne s’est pas fait attendre, qui a rappelé, sur le territoire américain, 1,4 million de véhicules, des Jeep Cherokee et Grand Cherokee bien sûr, mais aussi de Challenger, des Durango, des berlines Chrysler… Et voici donc un autre défi pour l’industrie automobile : sécuriser les systèmes multimédias embarqués, afin que la route ne devienne pas un jeu vidéo grandeur nature pour les hackers d’ici et d’ailleurs. Chez Fiat, on assure que le rappel vise uniquement à équiper les véhicules d’un logiciel déjà existant qui permet d’empêcher l’accès à distance du système embarqué de la voiture. Certes, mais cet « incident » a de quoi inquiéter et les constructeurs vont devoir – aussi – communiquer sur leurs avancées en matière de sécurité informatique. C’est peut-être là aussi que Google et Apple auront leur mot à dire.

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